Top 5 2024 Geoffroy
5 - Mannequin Pussy - I Got Heaven
Si la décennie précédente a vu la résurgence crasse de l’esthétique 80’s (désolé
les jeunes, les walkmans ça n’a jamais été cool, c’était juste relou mais on n’avait
rien de mieux), il y avait fort à parier que le grunge pointerait tôt ou tard le bout de
son nez dans le zeitgeist musical. C’est enfin arrivé en 2024, avec plusieurs
disques qui fleurent bon la friche industrielle sur fond familier de rideaux de pluie
entrecoupés de brouillard de l’Etat de Washington. Pour démarrer ce top, je vous
propose donc un single tiré du nouveau disque de Mannequin Pussy (qui remporte
haut la main le prix de la plus chatoyante pochette de l’année, je tiens à le
signaler), et qui revisite la musique de Seattle dans une variante agricole
totalement assumée et résolument furax.
4 - English Teacher - The World Biggest Paving Slab
Ensuite, toujours dans cette résurgence 90’s, mais plus policé (c’était pas difficile),
le premier ver musical de ce top. English Teacher signe un single très efficace,
dont vous redemanderez volontiers, j’en suis persuadé. Dommage que le reste de
l’album n’atteigne jamais les même sommets.
3 - Lucy Rose - Light as Grass
Ça faisait quelques années qu’on n’avait pas eu de nouvelles de Lucy Rose, pour
la triste raison qu’elle a failli passer l’arme à gauche suite à une grossesse plus
que compliquée. De cette douloureuse expérience, elle a tiré un disque formidable,
d’une sophistication, d’une délicatesse et d’une élégance remarquables, nommé
très à propos This Isn’t the Way You Go Out. Faute de pouvoir tout mettre
(rappelons que l’exercice consiste à proposer un top des meilleurs titres, pas des
meilleurs disques), je vous propose ici, dans une version live en studio parce que
c’est toujours mieux, le morceau d’ouverture Light as Grass qui donne le “la” à
album dont je vous recommande chaleureusement l’écoute intégrale.
2 - Allegra Krieger - Never Arriving
Second ver musical de cette sélection, le nouvel album d’Allegra Krieger est passé
en rotation lourde tout l’automne au bureau (mes excuses à Daniel qui en avait un
peu marre à la fin). Pas grand chose de fou à en dire hormis que c’est un petit
concentré d’absolument tout ce que j’aime (et j’aime en particulier le fait qu’ils
aient gardé le pain du solo de guitare sans céder à la tentation de le corriger, ou
plutôt de le pasteuriser, au mixage). Voilà, honey for your esgourdes, enjoy.
1 - Keeley Forsyth - Turning
Choc musical de l’année, le disque The Hollow de Keeley Forsyth m’a
complètement retourné, au point qu’à chaque fois que je l’ai passé en entier, j’ai
cessé toute autre activité pour l’écouter et que ça m’a systématiquement tiré une
larme avant la fin de la face B. La piste choisie ici est à l’image de l’album, avec de
vrais morceaux d’Einstein on the Beach, du saxophone hurlant bien free comme
on l’aime et cette voix hantée qui vous secoue la carcasse par petits soubresauts.
Joyeux solstice les ami·es et l’année prochaine.
En post-scriptum, petite section mentions honorables (c’est mon top, je fais ce
que je veux) : si j’avais eu la place, je vous aurais dit tout le bien que je pense du
premier disque d’Hello Mary, mais y’aura probablement d’autres occases de le
faire à l’avenir. Affaire à suivre, donc. Dans les vers musicaux que je n’assume pas
tout à fait, j’ai honteusement trop écouté Bird of a Feather de Lilith Max (la seule
explication rationnelle à cet engouement inopiné serait que j’ai toujours été fan de
Tri Yann, et ça je l’assume volontiers, par contre). Aussi, et bien sûr, on a eu la
chance d’avoir droit à un second opus de The Waeve, un peu moins percutant que
le premier mais tout aussi plaisant. A noter également : Julia Holter a sorti un super
disque, mais pas vraiment du genre à être single-friendly, d’où son absence dans
ce top. Voilà, c’est tout pour moi, bisous.






