Top story

 

5. Post Modern Jukebox — Africa

Impossible de ne pas citer le collectif Post Modern Jukebox dans mon top de 2018 tant leur répertoire de reprises prolixe a été ma bande-son de travail et d'apéro depuis que je les ai découverts dans les méandres du fil de news d'un de mes réseaux sociaux au début de l'été (je m'explique toujours pas comment j'ai pu ignorer leur existence aussi longtemps). 

Animé par Scott Bradlee au piano, le groupe protéiforme nous régale d'une production marathon de quatre albums par an et une vidéo live toutes les deux semaines depuis 2012. Exclusivement des titres modernes voire contemporains, revisités et réarrangés dans un style vintage de la galaxie jazz, du swing au ragtime en passant par le doo-wop.

Tiré de "Blue Mirror", leur opus de septembre 2018, j'ai sélectionné une chouette version d'un tube oublié qui mériterait totalement une réhabilitation, "Africa" de Toto, avec inénarrable Casey Abrams au chant. La vidéo, qui a fait l'objet d'un soin particulier (Scott Bradlee préfère généralement se cantonner à l'austérité d'un plan large sans coupe) s'accompagne d'une introduction un peu pitre, qu'on pourra s'épargner en faisant avance rapide jusqu'à 1:35.

 

 

 

 

4. Blood Red Shoes — God Complex

Onze ans après leur premier album "Box of Secret" et après un break bien mérité quelques années durant, passées à œuvrer dans l'ombre sous les radars, le duo de Bristol s'apprête à faire son retour avec une nouvelle galette pour le tout début 2019. Ça fait déjà quelques mois que Laura-Mary et Steven nous préparent à du somptueux, lâchant quelques pistes au compte-goutte qui semblent préfigurer une envergure et une maturité nouvelle, avec peut-être un peu plus de subtilité et de nuance que par le passé. 

 

 

 

3. Ex:Re — Romance

Principalement connue pour sa contribution au chant et à l'écriture dans le groupe Daughter, probablement la plus belle prise du label 4AD de cette décennie, Elena Tonra nous a gratifié d'un cadeau de fin d'année avant l'heure, en nous offrant sans trompettes ni fanfares un album solo sous l’épithète "Ex:Re" il y a quelques jours, propulsé par un premier single, "Romance", absolument remarquable.

On y retrouve bien sûr sa scansion plaintive et susurrante et ses textes intimistes et désespérés, mais cette fois-ci dans l’écrin d'une bande-son minimaliste avec une batterie filtrée, quelques notes de piano et des nappes discrètes, tout en violence retenue.

 

 

 

2. Lucy Dacus — Addictions

Lucy Dacus, dans la mouvance du renouveau de la chanteuse à guitare qu'on a pu voir à l’œuvre cette année avec une bonne poignée d'albums fort sympathiques (on pense également à Snail Mail ou à Julien Baker), se place immédiatement en cheffe de file du mouvement avec l'excellent “Historian", d'une constance rare d'un bout à l'autre. J'ai sélectionné ici le single "Addiction", mais on notera également l'excellent "TimeFighter" ou la pièce de résistance du disque, les huit minutes du slowburner "Pillar of Truth".

 

 

 

1. Anna Von Hausswolff — The Mysterious Vanishing of Electra

De retour en tête du top, Anna Von Hausswolf ne cesse de surprendre, atteignant de nouveaux sommets d'un disque à l'autre. Après le splendide "The Miraculous" en 2016, elle est de retour avec le profondément cathartique "Dead Magic" cette année. Je pense qu'on pourra constater que l'organiste a abandonné toute forme de retenue, comme en témoigne ce morceau de choix, le diptyque électrique intitulé "The Mysterious Vanishing of Electra". A écouter à fond les ballons pour des frissons garantis.